# LE COGNAC (1)

 

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Carte des crus

Crus cognac

 

COGNAC : une appellation, six crus.

Le paradoxe est étonnant. Le vignoble cognaçais est un des plus vastes de France, mais c'est le plus absent de l'imaginaire de nos concitoyens.

La région d'Appellation Cognac couvre un million d'hectares. La surface plantée en vignes ( 79 000 hectares ) en fait le deuxième vignoble d'AOC après Bordeaux.

On peut comprendre que le cognac n'apparaisse pas sur les cartes des vins de France : 95% des vins produits ici sont destinés à devenir des eaux de vie.

Mais maintes cartes des vignobles oublient purement et simplement les terres cognaçaises. Pourtant les terroirs charentais sont remarquables. Ils baignent dans un climat océanique, doux et sec, bien plus ensoleillé que le bordelais, ils offrent de superbes côteaux et une palette de sols argilo-calcaires permettant une belle diversité d'eaux de vie.

Bnic 163

Crus et terroirs, des relations complexes.

Quand l'amateur de vins pense terroirs, il a en tête l'ensemble des facteurs géologiques, pédagogiques, climatiques, qui conditionne l'alimentation en eau de la vigne, ou l'exposition des raisins au soleil, et permettent d'expliquer pourquoi sur cette terre, à cet endoit précis et pas à cent mêtres plus loin, les arômes seront plus délicats, plus concentrés, voir plus uniques.

Car ici, il ne s'agit pas seulement de vinifier, mais aussi de distiller. Au final, ce sont des eaux de vie et non des vins que l'on juge, et donc l'art du distillateur autant que celui du viticulteur.

L'histoire vinicole et l'histoire de la distillation se sont croisées. Pouvoir produire de bons vins "de chaudière" est une chose, savoir les transformer en eaux de vie en est une autre.

Dans un univers où l'empirisme a longtemps régné, et où le nez du distillateur reste encore un outil indispensable, être héritier d'une lignée de distillateurs constituait un net avantage.

La hiérarchie des crus ne découle donc pas seulement des terroirs, mais aussi de l'histoire paysanne.

Dès le XVIIIè siècle, il existait des classifications empiriques des crus, basées sur les prix des eaux de vie. Une carte précise a été établie au XIXè siècle par un géologue en collaboration avec un courtier en eaux de vie.

En croisant les prélèvements du sol et les notes de dégustation, ils arrivèrent à une délimitation qui entérinait de fait les classifications précédentes. Mais chose étrange, autour des lieux de prélèvement, la délimitation s'est faite en suivant les limites des communes.

Etrange car à priori les nappes géologiques, les inclinaisons de côteaux, ou la distance par rapport à la mer, n'ont pas grand chose à voir avec les limites administratives. C'est cependant cette carte qui est devenue, en 1936, la carte officielle des crus.

La situation cognaçaise est donc très particulière dans l'univers des AOC. Mais en dehors des vérités statistiques, les acheteurs des maisons de Cognac savent retrouver les pépites égarées. Il faut donc savoir lire la carte au trésor derrière la carte administrative.             ;       ;

 

suite de l'article dans le journal n° 23

 

Cognac 1

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